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Tanker en flammes à Ormuz, les marchés regardent ailleurs
information fournie par Zonebourse 09/10/2026 à 17:47

Après un début de semaine maussade, les principaux indices européens ont relevé la tête pour cette dernière séance. Francfort s'adjuge 1,19%, devançant Londres ( 1,12%) et Paris ( 0,95%, à 7 803 points), au terme d'une journée marquée par de nouvelles tensions autour du détroit d'Ormuz. Malgré un pétrole toujours perché au-dessus des 100 USD, les investisseurs ont préféré voir le baril à moitié plein. Au cours de la semaine, le CAC 40 abandonne toutefois 1,19% et signe un 8e repli hebdomadaire sur les 9 dernières semaines (soit -10,46% sur la période).

Le répit aura été de courte durée. Ce matin, les indices européens ont largement profité d'une détente des cours du pétrole, liée à une déclaration de Donald Trump laissant entendre qu'il ne prévoyait pas d'opération contre l'Iran avant les élections de mi-mandat.

La situation s'est toutefois dégradée en milieu d'après-midi, après que la marine iranienne a fait savoir qu'un pétrolier transportant du GPL avait été touché par un tir et avait pris feu après avoir tenté "d'emprunter une route illégale au sud du détroit d'Ormuz".

Résultat ? Les cours du pétrole sont repartis à la hausse, avec un Brent autour des 104,7 USD ( 0,9%) et un WTI à 91,8 USD ( 0,8%). Hier, les analystes de Goldman Sachs estimaient que les prix de l'or noir intégraient déjà une prime de risque géopolitique de 22 USD par baril pour septembre, proche de ses records historiques, alimentée par les craintes de perturbations de l'approvisionnement au Moyen-Orient. La banque estime que cette prime devrait progressivement disparaître, mais prévient qu'elle pourrait rester élevée en l'absence de résolution diplomatique du conflit.

Chez Saxo Group, Ole Hansen, responsable de la stratégie sur les matières premières, rapporte que l'annonce par le G7 de la mise sur le marché de 100 millions de barils de pétrole brut et de diesel a initialement apporté un soulagement, mais que "son impact s'est atténué lorsque le marché a reconnu qu'une grande partie du volume représentait une accélération des libérations convenues préalablement plutôt qu'une offre supplémentaire".

En Bourse, ces nouvelles turbulences n'ont toutefois pas suffi à enrayer le rebond. A Paris, Capgemini ( 3,79%) semble profiter de la relative déception suscitée par les chiffres d'activité d'OpenAI. Ces derniers semblent avoir quelque peu tempéré les anticipations entourant le développement de l'intelligence artificielle, offrant un répit aux éditeurs de logiciels et aux entreprises de services informatiques, dont les modèles économiques sont régulièrement remis en question par les progrès de cette technologie. Alten progresse également de 3,8%, même si la volatilité persistante du secteur témoigne des hésitations des investisseurs.

Les valeurs en mouvement

Par ailleurs, Bureau Veritas gagne 3,56%, profitant d'un relèvement de la recommandation de Citi, de "neutre" à "achat", avec un objectif de cours porté de 31,44 à 31,54 EUR.

Un peu plus loin, Renault s'adjuge 1,77% et signe une performance hebdomadaire de l'ordre de 9%. Lors d'une conférence avec les investisseurs, le Losange a confirmé ses objectifs, à savoir une marge opérationnelle d'environ 5,5% et un milliard d'euros de flux de trésorerie disponible.

Sur le marché obligataire, une légère accalmie contribue également à soutenir les actions. Le rendement français à 10 ans évolue autour de 4,86%, en baisse de 2 points de base. Un répit qui ne suffit toutefois pas à dissiper les inquiétudes entourant les finances publiques françaises, ce qui suscite les lamentations de Mark Dowding, responsable des investissements chez RBC : "Si seulement la France pouvait enfin ouvrir les yeux et prendre la mesure de la situation ! Pour être clair : il est temps pour le pays de se remettre au travail !"

Alors que le "spread" avec l'Allemagne évolue autour des 138 pb, chez Edmond de Rothschild, les analystes estiment que les pressions haussières sur l'écart de taux entre la France et l'Allemagne devraient désormais s'atténuer et restons plus globalement acheteurs de duration en privilégiant les maturités courtes et intermédiaires compte tenu des attentes déjà importantes en termes de hausses des taux directeurs.

Une statistique à digérer et des résultats au programme

Sur le plan macroéconomique, l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'université du Michigan est ressorti à 46,3 au mois d'octobre (un plus bas de 5 mois), alors que le consensus tablait sur 47,5. Depuis cinq ans environ, le coût de la vie constitue le principal facteur influençant la perception qu'ont les consommateurs de la situation économique. Et la flambée des prix des carburants provoquée par le conflit en cours au Moyen-Orient, déclenché le 28 février 2026, a encore accentué la pression sur le pouvoir d'achat des ménages...

La semaine prochaine, les intervenants surveilleront avec attention les premières publications des deux côtés de l'Atlantique. LVMH dévoilera notamment lundi son chiffre d'affaires avant de laisser la place, dès le lendemain, aux résultats trimestriels de plusieurs poids lourds de la cote américaine à l'instar de JP Morgan, J&J, UnitedHealth, Wells Fargo ou encore Citigroup.

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